Au secours, la Droite dure est là !
Le Ministre chargé de l’Immigration et de l’Identité nationale, a donc décidé de « lancer un vaste débat sur l’identité nationale ». Quelques jours après avoir ordonné l’expulsion vers Kaboul de trois jeunes «sans-papiers» afghans. Le président de la République en remet une couche quelques jours plus tard, à Poligny, en annonçant que la « terre fait partie de l’identité nationale ». Il s’agit là d’un sujet très grave dont le chef de l’Etat et l’UMP veulent manifestement faire un enjeu politique à la veille des élections régionales.
Nous le savons bien, dès que ça se gâte pour la Droite (et cela se gâte puisque même à l'intérieur de l'UMP la grogne s'intensifie de jour en jour...), les vieux démons ressurgissent. On ressort les «marronniers»... Insécurité, immigration et maintenant « identité nationale ». Ce qui, à la fois, veut tout dire et ne rien signifier. Ou plutôt si, dans l’esprit de la Droite on sait ce que ça veut dire… C’est le retour de la haine et de la peur de l’autre !
Comme l’historien Patrick WEILL, je trouve insupportable cette volonté de vouloir encadrer et rigidifier ce qui est par nature très divers, fluctuant et particulièrement riche. En posant ce débat de cette manière, le gouvernement semble ne pas se rendre compte des évolutions historiques et actuelles de la France
La nation française est riche de ce que chacun lui apporte quelle que soit son origine. C’est même ce qui fait une force de notre pays. Surtout à l’heure où l’Europe semble se remettre en marche.
Ce qui menace l’identité nationale aujourd’hui, c’est la remise en cause de la laïcité, c’est le manque de moyens pour l’Education nationale et les fermetures de classes, c’est le fait de dresser les habitants de notre pays les uns contre les autres, c’est de « jouer » avec les religions, de remettre en cause nos principes républicains comme le fait, sans lassitude, le chef de l’Etat.
Mais c’est aussi l’idée de ce bouclier fiscal symbole même des inégalités sociales. C’est la volonté de réduire à néant les services publics.
Plutôt que d’identité nationale, je préfère parler de cohésion sociale et de valeurs républicaines.
Que font le président et le gouvernement pour assurer cette cohésion nationale et donc sociale ? Ils méprisent les syndicats (même s’ils sont reçus très médiatiquement), ils réduisent de manière drastique les aides aux associations, ils étranglent les collectivités territoriales qui sont pourtant les moteurs, au quotidien, de la cohésion sociale.
A ce sujet, la réforme des collectivités qui s’annonce va, à coup sûr, diminuer les moyens d’action de nos collectivités et donc amoindrir nos possibilités de créer du lien entre nos concitoyens, de les aider, de les informer… et donc d’assurer un minimum de cohésion dans les politiques que nous menons, obligeant à une totale «recentralisation», à contre-courant de ce qui doit, à mon sens, être fait.
mardi 3 novembre 2009, à 19:42
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Commentaires
1. Le mercredi 4 novembre 2009 à 10:42, par bernard
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