Huit mètres de long sur un mètre quatre-vingts de haut. Reproduction miniature du mur de Berlin, cet édifice érigé il y a quelques semaines en face de la Mairie de quartier de Petite-Synthe a servi à la réalisation d’une émouvante et cristallisante cérémonie. Lundi, en fin d’après-midi, je donnais ainsi les premiers coups de masse, très vite rejoint par les nombreux enfants, pour que tombe une fois encore ce «mur de la honte».

A l’initiative de Zoé Carré, mon Adjointe chargée de la promotion de l'égalité et des droits de l'Homme, et de la lutte contre les discriminations, et en concertation avec les enseignants des collèges Jean-Zay et Lucie-Aubrac et les maisons de quartier, la construction de ce mur a marqué le quotidien des habitants du quartier. Au fil des jours, artistes et adolescents y ont apposé dessins et messages de paix à la manière de ce que beaucoup de Berlinois de l’Ouest faisaient il y a un peu plus de vingt ans. Une manière pour nos jeunes Dunkerquois d’appréhender de manière ludique et enrichissante un événement qu’ils n’ont pas connu mais dont on retrouve, malheureusement, des parallèles saisissants dans notre monde d’aujourd’hui.

Si à l’Est, un mur s’est effondré, il y a vingt ans, ouvrant la fenêtre des plus grands espoirs, force est tout de même de constater que d’autres constructions de ce type sont toujours là. Des murs physiques comme au Mexique, en Palestine et ailleurs, mais aussi d’autres, abstraits, qui, au quotidien marquent et aggravent les discriminations et les inégalités des peuples. Tout ces murs, il nous faudra les abattre avec force et détermination. Quand certains s’empressent de refaire l’Histoire à leur profit et à leur sauce, nous, à Dunkerque, nous empressons de saisir nos "pioches" politiques pour que tombent au plus vite ces «murs de la honte».