En clair, en 1997 le protocole de Kyoto a été signé par une grande majorité des Etats au niveau mondial pour s’engager à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,5 % d'ici 2012. Ce fameux protocole a été plus que décrié car les Etats Unis qui représentent 30 à 35% des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine ont finalement décidé en 2001 de ne pas le ratifier, tout comme leur voisin canadien.

Les gaz à effet de serre concernés par cet accord sont :

  • le gaz carbonique ou CO2 provenant essentiellement de la combustion des énergies fossiles et de la déforestation,
  • le méthane (CH4) qui a pour origine principale l'élevage des ruminants, la culture du riz, les décharges d'ordures ménagères, les exploitations pétrolières et gazières,
  • les halocarbures (HFC et PFC) qui sont les gaz réfrigérants utilisés dans les systèmes de climatisation et la production de froid, les gaz propulseurs des aérosols
  • le protoxyde d'azote ou oxyde nitreux (N2O) provenant de l'utilisation des engrais azotés et de certains procédés chimiques,
  • l'hexafluorure de soufre (SF6) utilisé par exemple dans les transformateurs électriques.

Depuis des mois, les Etats négocient dans un contexte politique difficile. Si les Etats européens sont assez « bons élèves » pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, ils doivent faire face à des Etats comme les Etats Unis qui jusqu’aujourd’hui ont tout sacrifié sur l’autel de la croissance économique…ou aux nouvelles puissances économiques comme l’Inde et la Chine qui ne comprennent pas pourquoi elles n’auraient pas les mêmes droits au développement économique que les pays développés et voient d’un mauvais œil la maîtrise de leurs émissions de gaz à effet de serre. Quoique la Chine nous réserve bien des surprises, consciente depuis peu que les conséquences environnementales de son développement économique a déjà tué des dizaines de milliers de personnes…

Au milieu de tout cela, il faut encore intégrer les pays les plus pauvres qui subissent déjà les conséquences du changement climatique, avec les premiers réfugiés climatiques, et qui attendent une aide financière internationale à la hauteur du défi climatique et environnemental. Bien évidemment en cette période de crise sociale, économique et financière, les pays contributeurs traînent un peu à ce mettre d’accord sur le montant qui devrait flirter avec les 10 milliards de dollars par an (pour information il en faudrait 10 fois plus soit 100 milliards).

Les Etats européens, qui eux entendent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 30% par rapport au niveau de 1990, se sont mis d’accord sur les 5 points politiques essentiels qu’ils entendent défendre à Copenhague:

  1. la définition d'un objectif global de réduction des émissions pour 2050,
  2. des trajectoires convergentes des pays développés et répartition équitable de leurs efforts à moyen terme (2020-2030),
  3. l’engagement des pays émergents à réduire la croissance de leurs émissions,
  4. un accord sur les actions de réduction des émissions ou de croissance propre des pays en développement et sur les modalités de soutien financier et technologique de ces actions par les pays développés,
  5. le soutien à l'adaptation des pays les plus vulnérables.

Aujourd’hui, soyons clairs, personne ne sait véritablement ce qui va sortir de cette conférence. Les Européens ont les yeux rivés sur les Etats–Unis. Barack Obama, encore englué dans la réforme sur la santé, s’est finalement invité pour le 18 décembre, dernier jour des négociations ce qui peut apporter une note d’optimisme sur la nature et le contenu de l’Accord qui sera signé.

Pour les experts du Groupe d’Experts intergouvernemental sur le Climat (GIEC), le Sommet de Copenhague est la dernière chance de la planète pour empêcher une hausse des températures supérieure à 2°C, ce qui serait catastrophique pour l’humanité, et le monde du vivant en général. Passé ce point de non-retour, les conséquences seraient irréversibles avec la disparition de nombreuses espèces animales et végétales sur terre et donc des conséquences directes sur l’homme.

Je ne fais pas dans le catastrophisme mais il faut être lucide aujourd’hui nous avons une chance à saisir pour panser les plaies que nous avons nous même infligées à la planète.

C’est une œuvre tant collective par l’action des gouvernements au niveau international et celle des collectivités territoriales dans la mise en œuvre de leurs politiques publiques qu’individuelle par les gestes de la vie quotidienne que nous pouvons transformer en actes citoyens !

Je ne manquerai pas de vous informer des évolutions des négociations durant cette conférence, puisque je me rendrai la semaine prochaine au Sommet des Nations Unies au titre de la délégation de l’Union européenne, et de vous sensibiliser à ce devenir des consom’acteurs de la lutte contre le changement climatique. A nous, à vous de jouer !