Or sur le fond – mais peut-être est-ce la partie intégrante d’une dramaturgie de sommet international - l’impression est que les experts et les ministres spécialisés sont désormais arrivés non pas au point mort mais à un point ou plus rien ne bouge sans volonté politique de déblocage au plus haut niveau. La démission ce matin de la présidente du COP 15, Connie Hedegaard, l’actuelle ministre danoise du changement climatique et future Commissaire européenne au changement climatique, en est l’illustration. La présidence du COP 15 est désormais assurée par le Premier Ministre danois.

En ce qui concerne les collectivités territoriales, le tableau se présente sous un jour relativement positif. Dans les textes de négociation en circulation, il est fait référence à leur rôle dans le préambule et de façon transversale à travers l’ensemble des articles sans toutefois qu’un article séparé ne leur soit consacre. Ce n’est pas totalement satisfaisant certes ni toujours très concret, mais c’est déjà beaucoup mieux que dans le protocole de Kyoto où aucune référence à eux n’avait été faite. C’est en tout cas la reconnaissance des très fortes activités de lobbying déployées par les élus des villes et des régions de tous les continents en amont de la conférence.

Au niveau de l’Union Européenne, le Comité des régions s’est ainsi vu reconnaître trois places dans la délégation officielle de l’Union Européenne. Ce lobbying a été poursuivi aussi sur place. Le Comité des régions a ainsi monté un atelier de travail avec la Conférence des Maires des Etats-Unis pour avancer sur la voie d’un accord ouvrant notamment la voie à une standardisation des méthodologies pour les bilans-carbone et les critères de performance énergétique (voir photo avec la représentante de la Conférence des Maires US, Mme Kautz).

L’ICLEI, association internationale des collectivités territoriales engagées pour le développement durable qui organisera en mai 2010 la 6e Conférence Européenne des Villes Durables (Le site de Dunkerque 2010), a elle mobilisé une brochette impressionnante de maires de tous les continents qui sont accordés à demander que les négociations aboutissent à un accord sur une fourchette de -30 a -40% de réductions de gaz à effets de serre à l’horizon 2020 contre la fourchette de -20 à -30% qui semble actuellement tenir la corde. Inutile de rappeler que concrètement l’effort de mise en œuvre de ces objectifs reviendra à 30% aux gouvernements nationaux et à près de 70% aux collectivités territoriales.

P.S.  1: Si je devais citer un chiffre entendu a Copenhague et qui m’a beaucoup impressionné : selon l’Organisation Internationale du Travail, 40% des emplois industriels dans le monde se situent dans des filières à haute intensité de carbone. C’est l’illustration que la marche vers une économie sans carbone ne passera pas seulement par du « neuf » mais essentiellement par la conversion de nos structures économiques existantes. J’attends beaucoup sur ce point de la part de l’Union Européenne et c’est pourquoi j’ai plaidé à Copenhague pour l’instauration d’un Fonds Européen d’Adaptation à l’Environnement sur le modèle du Fonds d’Ajustement à la Globalisation que l’Union Européenne a créé voici 4 ans.