La SNCF devait engager une mutation. Le Président de la République l’avait signifié et affirmé dans une lettre de cadrage à Guillaume Pépy lors de sa nomination à la tête de l’entreprise publique française. Depuis, le projet d’entreprise Destination 2012 s’est dessiné avec pour objectif de doubler les résultats financiers... au détriment du service public et de l’aménagement du territoire.

Craindre la disparition de la ligne Paris-Arras n’est pas seulement se pencher sur la relation économique et sociale qu’entretiennent ces deux villes, c’est aussi et surtout s’inquiéter de la bonne structuration de notre territoire régional tout entier. Car en remettant en cause cette ligne à grande vitesse c’est toute la desserte de l’Artois, de la Flandre et du Littoral qui se trouvent lésée.

Plus qu’une économie d’échelle opérée par la SNCF, c’est un véritable retour en arrière que s'apprête à nous faire subir l’entreprise publique de transport ferroviaire. Mise en service en mai 1993, la ligne à grande vitesse du TGV Nord, rapidement prolongée jusque Dunkerque (j'ai participé très activement à l'arrivée du TGV à Dunkerque lorsque j'étais ministre des Transports), offrait alors un désenclavement exceptionnel de notre région. Dunkerque ne se trouvant plus qu’à 30 minutes de Lille et à 1h30 de Paris!

Un atout qui a révolutionné l’aménagement de nos territoires devenus plus accessibles, plus compétitifs, et plus respectueux de leur environnement. Revenir aujourd’hui sur ce service public indispensable à la bonne santé de nos régions serait une erreur fondamentale. Plus particulièrement, notre région Nord-Pas de Calais s’est constituée en véritable «hub» (plate-forme tournante) pour devenir un point de passage obligé des liaisons nationales et internationales. Remettre en cause cette situation avérée consisterait à entraver grandement le développement économique et sociale de notre territoire.