Fraternité... Ce mot a réellement présidé aux différentes interventions lors de cette cérémonie des voeux aux communautés religieuses, ce samedi, à la mairie de Dunkerque. Chacun, qu'il soit musulman, juif, catholique ou protestant a su décliner ce mot de fraternité, assurant toute sa force et sa puissance dans le débat entre communautés religieuses à Dunkerque. "Un de nos chantiers", disait ainsi le représentant de la communauté musulmane, "est de tisser des liens avec Dieu mais surtout avec les autres. C'est bien là le sens de la fraternité..."

Un monde plus juste, plus vrai, plus fraternel, "en partageant toujours davantage le meilleur de nous-mêmes", c'est ainsi que le vicaire épiscopal, représentant la religion catholique, a donné son propre avis sur la question en assurant la nécessité de remplacer l'amour du pouvoir par le pouvoir de l'amour...

De son côté, le représentant de la communauté juive dunkerquoise rappelant le récent drame du tremblement de terre en Haïti a ainsi pu déclarer que la nature conserve des pouvoirs qu'aucune puissance humaine ne pourra jamais égaler... Il a également appelé à créer une association multi-cultuelle dunkerquoise, regroupant toutes les religions monothéistes : "Si nous voulons nous connaître, nous comprendre, ce lieu de rencontre me semble indispensable..."

Enfin le représentant de la communauté protestante, rappelant, lui aussi la nécessité de fraternité dans notre société a également rappelé toute la force de l'humain, lui intimant de "dicter ce que nous avons à faire pour avancer..."

De mon côté, je me suis réjoui que cette manifestation est bien la preuve qu'à Dunkerque, quel que soit notre horizon, religieux ou autre, nous sommes capables de nous parler... Un premier pas vers le "nous sommes capables de faire des choses ensemble". Car il s'agit bien de cela, que ce soit dans notre action politique ou dans celle de ces représentants des religions. Comment fait-on pour vivre ensemble, ce qui ne me semble pas si compliqué, finalement, pour peu que l'on puisse s'intéresser à l'autre.

J'ai rappelé également que je n'avais pas aimé l'année 2009 qui sera, peut-être une bonne année pour le vin mais qui n'en fut pas une pour la vie... Trop de drames, trop de chômages, trop de difficultés pour les plus fragiles... Et puis je n'ai pas aimé que mon pays puisse ainsi perdre autant de temps à débattre sur une identité nationale qui pourtant me semblait particulièrement évidente... Quel effet de manche, que ce débat, pour le gouvernement qui, j'en suis persuadé, est passé à côté de son sujet !

Mon message a également été de dire qu'il fallait savoir faire confiance au collectif... Je me souviens que faisant partie de la commission sur le voile islamique, à l'invitation du président Chirac, voici quelques années, j'avais participé à l'audition de nombreuses personnalités et professionnels, confrontés quotidiennement aux problèmes étudiés. Je me souviens ainsi d'une proviseur de lycée, dans un lieu où les populations issues de l'immigration étaient pléthorique, qui nous disait : "Mais laissez nous faire... c'est notre métier !" Aujourd'hui, lorsque j'entends, que je vois que l'on songe à faire une loi contre la burka, je me dis que c'est bien ne pas faire confiance à la dynamique collective qui, pourtant, résout bien des problèmes... L'art et la manière de vivre ensemble !