Initié en 1999 par la Communauté Urbaine de Dunkerque et organisé alternativement avec l’agglomération de Grenoble, l’événement confirme que les initiatives locales sont plus que jamais les fers de lance des politiques d’adaptation au changement climatique. Si Copenhague a eu le mérite de consacrer - enfin ! - le rôle incontournable des collectivités, celles-ci n’ont pas attendu aussi longtemps pour prendre la mesure du défi et se placer en première ligne pour orienter autrement le développement de leur territoire, susciter la création d’emplois et améliorer de façon durable la qualité de la vie de ses habitants.

Axées sur le thème «Energie climat: les territoires en route vers les objectifs de 2020... comment faire en dix ans?», ces trois journées de travail ont permis de rappeler l’objectif des «3x20» (les 27 pays de l’Union Européenne se sont mis d’accord pour réduire de 20% les émissions de dioxyde de carbone, produire au moins 20% d’énergie par des procédés renouvelables tout en réduisant de 20% la consommation globale en Europe), pour lequel près de mille municipalités et agglomérations européennes, dont la Communauté Urbaine de Dunkerque, ont signifié leur engagement en signant la Convention des Maires.

Un défi d’autant plus grand qu’il s’agit de l’appréhender dès aujourd’hui avec ses traductions en termes d’orientations stratégiques, d’allocations de moyens humains et financiers, de gouvernance et d’implication des citoyens.

La qualité des échanges et de leurs intervenants ont permis de découvrir les expériences et les actions menées par chacun, bien souvent innovantes et pertinentes. Per Holmström, Ministre plénipotentiaire à l’Ambassade de Suède, a pu rappeler les modalités et les conséquences de l’instauration dès 1991 de la taxe carbone en son pays. Introduite dans le cadre d'une grande réforme de la fiscalité, la taxe carbone a encouragé le recours aux énergies plus propres entraînant un fort développement des biocarburants et des réseaux de chaleur (ils alimentent aujourd'hui 82% des immeubles résidentiels et la moitié des habitations en Suède). Conséquence de ce changement de cap : en 2006, la diminution totale des émissions de CO2 constatée était de 9% par rapport à 1990 et les estimations qui ont été faites indiquent que les émissions auraient augmenté de 20% si rien n'avait été fait.

Cette mobilisation, la richesse des débats, m’amènent, une fois de plus, à croire en la nécessité de ces rassemblements où la qualité des échanges permet à chacun de s’enrichir de l’expérience des autres. Dunkerque, en 2010, sera d’ailleurs le carrefour d’échanges incontournables sur le développement durable dont le point d’orgue sera l’accueil et l’organisation de la 6ème conférence européenne des villes durables à Dunkerque les 19, 20 et 21 mai 2010. Une manière de prouver qu’à Dunkerque le défi énergétique et climatique est une affaire des plus sérieuses.