On savait déjà que la Droite et à commencer le président de la République n’aimaient pas la Fonction publique et les fonctionnaires. Que les services publics comme l’éducation nationale, la santé, la poste, la justice étaient des cibles privilégiées pour compenser le bouclier fiscal qui coûte à l’Etat (donc à nous !) des milliards d’Euros chaque année. Et bien aujourd’hui, la droite remet carrément en cause le statut des fonctionnaires...

Sous couvert d’une improbable « réorientation professionnelle » et de la nécessaire « restructuration de l’Etat » la Droite veut en fait se donner les moyens de procéder à des licenciements massifs dans la fonction publique et au démantèlement des services publics, dans des conditions pire que celles connues dans le secteur privé. On pense ainsi à licencier un fonctionnaire qui, après une période de disponibilité et qui ne retrouverait pas automatiquement son poste, refuserait trois propositions d'autres postes. Exemple, un fonctionnaire de Dunkerque prend une disponibilité de quelques mois... Il revient dans son corps de métier et on lui propose un poste à Marseille, un deuxième à Bordeaux, le troisième, le dernier, dans une île des Dom Tom... Le meilleur moyen de supprimer un poste !

Le texte du décret incriminé placerait les fonctionnaires en dehors de toute neutralité et d’impartialité qui sont la raison d’être de leur statut

Je ne peux m’empêcher de penser qu’on est à la veille d’élections régionales et que, comme pour le débat sur l’identité nationale, la Droite agite tous ses vieux chiffons qui plaisent tant à son électorat traditionnel. L'UMP craint tellement ces élections et la fidélité de ses militants (certainement chagrinés par les grandes places faites sur les listes aux composantes "alliées" de la droite...) qu'elle est prête à toutes les démagogies pour tenter de limiter les dégâts.

Cette volonté de diviser à nouveau les Français est méprisable. Sarkozy et l’UMP ne pensent à régler leurs problèmes électoraux qu’en montant nos concitoyens les uns contre les autres : les actifs contre les inactifs, le privé contre le public… On a frappé les patrons, les instituteurs, les banquiers, les juges d'instruction, les journalistes... Les fonctionnaires, bien entendu... Monter les Français contre les Français, diviser pour mieux régner !

Pourtant, même à l’UMP, certains s’émeuvent de cette décision. Ainsi, François GOULARD, Député, pense : « que la fonction publique devienne plus dure vis à vis de ses agents que le secteur privé est impensable ». Il dit cela, mon collègue député car si le licenciement du fonctionnaire deviendrait une possibilité pour l'Etat, ce licenciement ne serait accompagné d'aucune indemnité...

C’est vrai que les fonctionnaires, ces « privilégiés », ont vu leur salaire augmenter de 1,5 % en 2 ans. Quel scandale ! Quand on voit le taux d’inflation dans notre pays, on se dit que les fonctionnaires ne sont pas des nantis, loin de là.

Moi, je les vois tous les jours ces femmes et ces hommes qui se dépensent sans compter pour le mieux être de leurs concitoyens, fonctionnaires territoriaux, qui sont les agents publics de proximité mais également ceux qui assurent la sécurité, la santé, etc. de nos concitoyens.

Je suis particulièrement attentif à l’évolution des services publics mais surtout de par les fonctions que j’ai exercées, à l’évolution du statut des agents de la Fonction publique. Je refuse que sous prétexte d’objectifs comptables, on sacrifie ce qui est une des forces de notre pays.